Suite au choix de la Ligue de football professionnel (LFP) de ne plus faire figurer les couleurs arc-en-ciel, symbole de la lutte contre l’homophobie, sur les maillots des joueurs dans le cadre d’une journée dédiée en Ligue 1, le Comité français du fair play (CFFP) et la LFP se sont rencontrés pour travailler ensemble.

Ce rapprochement a pour objectif d’avancer sur le sujet, afin de poursuivre la lutte contre l’homophobie dans le football. L’idée est d’intervenir ensemble de manière concertée. Les deux instances se sont donc récemment rencontrées et ont acté le principe d’une collaboration.
A ce jour, aucune action n’a encore été formalisée mais le but est, évidemment, celui-là en sachant que la LFP a, parallèlement, adhéré au CFFP. En attendant, le Comité a d’ores et déjà adressé à la Ligue un ensemble de supports (Charte du CFFP, Charte du fair-play au féminin, Charte de lutte contre les discriminations, Charte de la lutte contre l’homophobie, Charte écoresponsable, Guide européen de recommandations pour l’éthique et l’intégrité dans le sport

GREIS et Hymne des supporters) dont elle pourrait avoir besoin dans le cadre de son combat pour un football sans violence ni discrimination. Des outils qu’elle pourra aussi diffuser auprès des clubs, jusqu’aux joueurs. « Nous nous sommes parlé, nous nous sommes compris, nous avons les mêmes objectifs et nous avons décidé d’unir nos forces », résume le président
du CFFP, Jean-Pierre Mougin.

« La LFP s’engage concrètement à encourager une culture du fair-play »

Même son de cloche de la part de la Ligue de football professionnel, qui « a fait le choix de rejoindre le Comité français du fair play car nous partageons pleinement sa vision d’un sport fondé sur le respect, l’intégrité et l’éthique. À un moment où le football professionnel doit être exemplaire, il est essentiel, pour nous, de nous inscrire dans une démarche structurée qui
promeut des valeurs humaines fortes, au-delà de la seule performance sportive.
En adhérant au CFFP, la LFP s’engage concrètement à encourager une culture du fair-play, à lutter contre toutes les formes de violence et de discrimination et à défendre une compétition saine, équitable et responsable. C’est aussi une manière de rassembler l’ensemble des acteurs du football autour d’un socle commun de valeurs, indispensable pour renforcer le lien avec nos publics, notamment les jeunes générations. Rejoindre le Comité, c’est, enfin, bénéficier d’une expertise reconnue et s’inscrire dans une dynamique collective aux côtés de nombreuses institutions sportives, afin de construire un sport toujours plus respectueux, inclusif et porteur de sens pour la société. »

Une sensibilisation sur l’ensemble du territoire en allant sur le terrain

En dépit de sa décision concernant le flocage des maillots, la Ligue demeure active pour faire œuvre de pédagogie. « En lien avec les clubs professionnels de football, nous déployons une stratégie RSE dynamique et ambitieuse autour du programme 1TEAM à travers un pilier sociétal et un pilier environnemental » explique-t-elle. Ainsi, lors de la 32ᵉ journée de Ligue 2
et de la 31 e journée de Ligue 1, les joueurs ont, cette saison, arboré, sur leur tunique, le prénom d’une victime de discrimination à la place de leur nom. « Parce que les symboles sont essentiels mais ne suffisent pas toujours à rappeler la réalité vécue par celles et ceux qui en sont victimes, la LFP a souhaité mettre en lumière des victimes et donner une visibilité à des personnes trop souvent réduites au silence », décrypte la LFP. De leur côté, Ligue 1+ et beIN SPORTS, diffuseurs officiels de la Ligue 1 et de la Ligue 2, ont soutenu l’opération en mettant à l’honneur les représentants des associations partenaires et en leur donnant la parole en marge des rencontres.
Mais ce n’est pas tout. La Ligue mise sur la sensibilisation sur l’ensemble du territoire, en allant sur le terrain. Cela « constitue un levier essentiel de cet engagement, insiste-t-elle. Être informé ne suffit pas : il faut aussi savoir identifier, signaler et agir face aux comportements discriminatoires. En partenariat avec la Licra, Foot Ensemble, la Fondation pour le Sport Inclusif et l’UNFP, les ateliers déployés dans les clubs donnent à chacun les clés pour comprendre ces situations, en mesurer les conséquences et adopter les bons réflexes. » À ce jour, plus de cent-cinquante ateliers ont été organisés au sein de quarante clubs, depuis le lancement du programme en novembre 2021. De son côté, Foot Ensemble, qui participe à l’opération « Open FC » du Fondaction du Football, a animé, cette saison, quarante-et-une sessions consacrées à la lutte contre l’homophobie dans vingt centres de formation et pôles espoirs. En l’espace de cinq ans, Foot Ensemble a encadré cent-seize ateliers, qui ont permis de s’adresser à plus de deux-mille-cents jeunes garçons et filles.

Alexandre Terrini