Comme bien d’autres instances du sport, le Comité Français du Fair Play (CFFP) est confronté à la diminution à la fois brutale et conséquente de son budget.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la subvention du ministère des Sports affectée au CFFP est passée de quinze mille euros, en 2024, à cinq mille euros en 2025. Idem en ce qui concerne celle de l’Agence Nationale du Sport (ANS), qui a été amputée puisqu’elle a été de quinze mille euros en 2025, après avoir été de vingt mille euros. Des coups de rabot qui expliquent que l’exercice 2025 se soit soldé, pour le CFFP, par un déficit comptable… auquel il est urgent de remédier.
Oui mais comment ? En se réinventant pour être encore plus attractif même si la cause originelle que défend le CFFP – un sport éthique et sans violence – fait l’unanimité et devrait, à cet égard, susciter l’octroi de moyens à la hauteur de cet enjeu.

« Revenir, au minimum, à l’équilibre financier dès cette année »

A ce jour, le Comité a fait le choix de maintenir au programme ses événements annuels majeurs que sont les Iris du Sport et le Forum. En ce qui concerne ce dernier, il se tiendra le lundi 21 septembre après-midi au CNOSF, dans la cadre de la Journée internationale de l’ONU pour la Paix. Le thème retenu est donc fort logiquement « Sport, Paix, République », à l’heure où la guerre sévit dans une cinquantaine de pays à travers le monde et où les valeurs de la République sont de plus en plus malmenées, pour ne pas dire menacées, y compris sur les terrains de sport et dans les gymnases.
Mais tout cela ne sera possible qu’à la condition de pouvoir financer, entre autres, ces deux manifestations avec le concours de subventions de l’État et de mécènes. Des démarches en ce sens ont déjà été initiées pour retrouver un niveau contributif des pouvoirs publics qui soit plus convenable. Il s’est agi, d’une part, de les solliciter pour qu’ils révisent à la hausse leurs aides et, d’autre part, de démarcher des sponsors. Sachant, comme l’a appelé le président du CFFP, Jean-Pierre Mougin, lors de l’Assemblée générale qui s’est tenue le 16 avril, que « seuls de nouveaux partenariats pourront nous permettre de trouver au minimum 50 000 euros supplémentaires dès cette année, avec une perspective de 100 000 euros en 2027 afin de revenir, au minimum, à l’équilibre financier dès cette année et de reconstituer nos fonds propres, aujourd’hui insuffisants après trois années difficiles. »

Proposer du concret et balayer un large champ de thématiques

Dans cette optique, une trentaine d’entreprises d’envergure nationale, voire internationale, déjà investies dans le sport, notamment auprès de fédérations, ou désireuses de l’être ont été identifiées. Une quinzaine d’entre elles ont été contactées par le CFFP et certains retours sont plutôt positifs même si, à ce jour, rien n’a été acté.
Reste que pour convaincre des groupes de mettre la main à la poche, il est crucial d’avoir du concret à leur proposer et de balayer un champ de thématiques qui soit large et non pas seulement circonscrit au seul fair-play stricto sensu. C’est pourquoi un comité de pilotage a été constitué au sein du CFFP, dont les membres ont la double mission d’apporter des idées novatrices et d’activer leurs réseaux.

Un corpus de textes de référence sensiblement étoffé

Par ailleurs, le Comité a sensiblement étoffé le corpus de ses textes de référence avec l’ambition de n’occulter aucune des problématiques qui affectent le secteur du sport et de faire face aux défis auxquels il est confronté. D’où la rédaction et la diffusion d’une Charte du CFFP, d’une Charte écoresponsable, d’une Charte de lutte contre les discriminations, d’une
Charte de la lutte contre l’homophobie, d’une Charte du fair-play au féminin, ainsi que de nouvelles affiches. Le tout a, bien sûr, été publié sur les réseaux sociaux du Comité. A cela s’est ajoutée la démarche de labellisation Fair-Play des fédérations, des Comités régionaux olympiques et sportifs (CROS) et des Comités départementaux olympiques et sportifs (CDOS), laquelle a vocation à être prochainement étendue aux clubs et aux collectivités territoriales dans la mesure où celles-ci sont devenues, depuis longtemps, des acteurs incontournables de toute politique sportive.
Une mutation globale dont le Comité français du fair play a pris acte. Car c’est en faisant, lui aussi, œuvre de modernité qu’il assoira encore davantage sa légitimé et sa crédibilité aux yeux de ses interlocuteurs successifs.

Alexandre Terrini