
L’ex-championne du monde de lutte est une figure du sport dans lequel elle n’a eu de cesse de s’investir. Y compris après son retrait des tapis. La voilà désormais Secrétaire générale du Comité Français du Fair Play (CFFP).
Plus libre de son temps après avoir vu son poste de directrice institutionnelle de l’île de loisirs de Vaires-Torcy (94) non renouvelé, l’Auvergnate, fidèle à elle-même, n’a pas tardé à profiter de l’occasion pour s’impliquer plus avant dans des projets qui lui correspondent tant humainement que philosophiquement. « Si je m’engage, ce n’est pas pour faire de la figuration, insiste-t-elle. Quand je le fais, j’ai envie d’agir et d’être capable d’apporter quelque chose. Pour être sincère, au départ, je ne connaissais pas du tout le CFFP. Lorsque son Président, Jean-Pierre Mougin, m’a contactée pour en intégrer le Bureau, je suis d’abord allée voir surInternet pour savoir précisément de quoi il en retournait et si je serais en capacité de maîtriser ce dans quoi je me lançais. J’ai découvert les missions du CFFP et cela a achevé de me convaincre. J’ai aussi réfléchi à la vision que je pourrais faire partager. »
Le but avoué étant de braquer en grand les projecteurs sur le Comité. « Je trouve infiniment dommage que le CFFP ne soit pas aussi reconnu qu’il le devrait, déplore Audrey Prieto. En tant qu’ancienne athlète de haut niveau et dirigeante de club, j’aurais aimé être au courant auparavant de son existence et des opportunités qu’il offre pour diffuser et inculquer des valeurs essentielles et fondatrices. C’est une institution tellement pertinente qui mérite d’être mieux connue. Pour cela, il y a beaucoup de choses à faire. Par exemple, être plus présents sur les réseaux sociaux, aller dans les écoles où les élèves sont très réceptifs. Ils sont demandeurs quand il s’agit de découvrir le CFFP et de parler d’enjeux sociétaux tels que l’égalité et la mixité. Il est également indispensable d’établir des synergies avec les Comités départementaux olympiques et sportifs (CDOS), la Fondation Alice Milliat, les fédérations, etc. Enfin, il faudrait mobiliser un réseau d’acteurs du sport (athlètes, dirigeants…) déjà sensibilisés à ces causes afin de les promouvoir en désignant, parmi eux, des ambassadeurs et des ambassadrices du CFFP. »
« Intégrer le CFFP est, pour moi, quelque chose de très fort »
Par ailleurs, le CNOSF a tout récemment mis sur pied un groupe de travail baptisé « Valeurs et Culture », lequel regroupe divers organismes qui officient dans ce champ. Le CFFP en fait bien sûr partie, comme la Fondation Alice Milliat ou le Comité Français Pierre de Coubertin. « L’objectif est de mutualiser certaines actions et d’agir ensemble sur des chantiers communs qui seraient ensuite portés par le CNOSF », suggère Audrey Prieto.
Sur le plan plus personnel, Audrey Prieto puise dans son vécu et son passé des raisons supplémentaires de s’investir. « La particularité du CFFP, c’est qu’il ne milite pas uniquement pour le fair-play et l’équité mais aussi pour la lutte contre toutes les formes de violences dans le sport, précise-t-elle. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus plu. Cela me parle beaucoup car en tant que sportive, j’ai été victime de harcèlement moral, d’emprise et d’humiliations. Utiliser le dolorisme pour asseoir son pouvoir, je l’ai vécu. A mon époque, personne ne se battait contre ça. Je suis persuadée que tout comme moi, certains athlètes auraient aimé savoir qu’il existait une instance sur laquelle ils auraient pu se reposer.
C’est pour cela que le fait d’intégrer le Comité est, pour moi, quelque chose de très fort. »


